Dienstag, 18. Januar 2011

L'amour détruit

Was mich heute besonders gerührt hat, war ein Abschnitt aus Albert Camus' "L'Étranger"; darin beschreibt der Protagonist Meursault die Beerdigung seiner Mutter. Meursault selbst ist keine gewöhnliche Person; vielmehr beeindruckt er durch seine schiere Gleichgültigkeit und Wertungsfreiheit allem gegenüber. Was er erzählt, beschreibt er viel eher und läßt dabei jegliche Emotion aus dem Spiel. Vor diesem Hintergrund fand ich seine Beschreibung des verwitweten Geliebten (M. Perez) der Mutter - diejenige eines "herzlos" und unbeteiligt Anmutenden - besonders rührend und zugleich so faszinierend, daß sie hier ihren Platz finden soll. Auch, weil das Buch beeindruckend und durchaus empfehlenswert ist!
Wie einer, den Sartre als "l'homme absurde" (s.u.) beschreibt, das gebrochene Herz eines Liebenden, der sein Liebstes verloren hat, beschreibt, die absolute Sterilität dessen, was eigentlich das komplette Gegenteil von Sterilität erfordert und bedeutet, ist meisterhaft. Und nicht nur das; wie er durch das Erscheinungsbild des alten Mannes und sein Verhalten dessen Gebrochenheit andeutet, bricht einem doch das Herz. Die Liebe durch die Maske des Sterilen gesehen verdeutlicht ihr übermächtiges Wesen in all ihrer Schönheit und all ihrem Schmerz, wie ich finde.

"Il y avait [...] un vieillard à l'allure empruntée. J'ai compris que c'est M. Pérez. Il avait un feutre mou à la calotte ronde et aux ailes larges (il l'a ôté quand la bière a passé la porte), un costume dont le pantalon tire-bouchonnait sur les souliers et un noeud détoffe noire trop petit pour sa chemise à grand col blanc. Ses lèvres tremblaient au-dessous d'un nez truffé des points noirs. Ses cheveux blancs assez fins laissaient passer de curieuses oreilles ballantes et mal ourlées dont la couleur rouge sang dans ce visage blafard me frappa. [...]

J'ai encore gardé quelques images de cette journée: par exemple, le visage de Pérez quand, pour la dernière fois, il nous a rejoints près du village. De grosses larmes d'énervement et de peine ruisselaient sur ses joues. Mais, à cause des rides, elles ne s'écoulaient pas. Elles s'étalaient, se rejoignaient et formaient un vernis d'eau sur ce visage détruit. Il y a eu encore l'église et les villageois sur les trottoirs, le géraniums rouges sur les tombes du cimetière, l'évanouissement de Pérez (on eût dit pantin disloqué), la terre couleur de sang qui roulait sur la bière de maman [...]."
       - Albert Camus, "Létranger"

Das sagt Sartre zu diesem Buch, Camus und dem Phänomen Meursault:

"[...] Et nous-mêmes qui, en ouvrant le livre, ne sommes pas familiarisés encore avec le sentiment de l'absurde, en vain chercherions-nous à le juger selon nos normes accoutumées: pour nous aussi il est un étranger. [...] L'homme absurde n'explique pas, il d'écrit; ce n'est pas non plus un livre qui prouve. M. Camus propose seulement et ne s'inquiète pas de justifier ce qui est, par principe, injustifiable. [...]
De toute façon L'étranger est là, detaché d'une vie, injustifié, injustifiable, stérile, instantané, délaissé déjà par son auteur, abandonné pour d'autres présents."
       - Jean-Paul Sartre, "Explication de L'Etranger"

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